
Né(e)
le 25/10/1931 à Paris
Décédé(e)
le 28/02/2011 à Paris
Ses débuts
Alors qu'elle suit des études d'infirmière, Annie Girardot se consacre rapidement à sa passion, la comédie. Après un passage par l'école de la rue Blanche, elle entre au Conservatoire d'où elle ressort avec un double premier prix, ce qui lui vaut d'intégrer la Comédie Française. En 1955, elle fait ses débuts au cinéma dans Treize à table d'André Hunebelle. S'illustrant dans le registre de la série noire, alors très en vogue, elle se distingue en tenant tête à Jean Gabin dans Le Rouge est mis et Maigret tend un piège, puis est repérée par Luchino Visconti qui lui offre son premier grand rôle de tragédienne en 1960 dans Rocco et ses frères. Un rôle qui fait d'elle une star internationale.
Sa carrière
Menant de front une carrière en France et en Italie, la frondeuse Annie Girardot accepte des rôles atypiques comme dans Le Mari de la femme à barbe signé Marco Ferreri. En 1965, elle remporte le prix d'interprétation à Venise pour Trois chambres à Manhattan de Marcel Carné, où elle campe une barmaid esseulée qui s'entiche d'un comédien en voyage à New York. Vivre pour vivre marque les débuts d'une longue collaboration entre la comédienne et le cinéaste Claude Lelouch qui la dirigera à plusieurs reprises dans La Vie, l'amour, la mort, Un homme qui me plaît avec Jean-Paul Belmondo, puis bien plus tard dans Partir, revenir et Il y a des jours... et des lunes. Dans les années 70, Annie Girardot, dans la fleur de l'âge, devient l'actrice préférée des Français. On la voit enchaîner les comédies populaires avec Michel Audiard (Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause !, Elle cause plus, elle flingue), Philippe de Broca (Tendre poulet, On a volé la cuisse de Jupiter), Claude Zidi (La Zizanie) ou encore Edouard Molinaro (Cause toujours... tu m'intéresses !). Connue pour sa gouaille énergique, elle incarne durant la même période des héroïnes modernes et actives, notamment dans Docteur Françoise Gailland qui, en 1977, lui vaut le César de la Meilleure actrice. Mais bientôt sa carrière s'essouffle et les années 80 se réduisent à quelques apparitions dans des films comme Liste noire, Adieu blaireau ou Les Braqueuses. Il lui faut attendre 1995 et la version revisitée des Misérables de Claude Lelouch pour la retrouver sur le devant de la scène. Récompensée par le César de la Meilleure actrice dans un second rôle, elle remporte le même trophée en 2002 pour son interprétation de mère étouffante dans La Pianiste de Michael Haneke. Atteinte de la maladie d'Alzheimer, la comédienne continue malgré tout à tourner pour Eric Toledano et Olivier Nakache (Je préfère qu'on reste amis...), Michael Haneke qu'elle retrouve pour Caché, Daniel Duval (Le Temps des porte-plumes) ou encore Jane Birkin qui la dirige dans Boxes. En 2008, alors qu'elle doit définitivement renoncer aux plateaux de cinéma, le réalisateur Nicolas Beaulieu lui consacre un documentaire, Annie Girardot, ainsi va la vie, qui revient longuement sur les ravages de sa maladie. Trois ans plus tard, après des années de combat, Annie Girardot s'éteint à l'âge de 79 ans. Immense artiste à la carrière éblouissante, véritable héroïne du cinéma populaire, l'actrice occupera toujours une place unique et irremplaçable dans le coeur des Français.