
Né(e)
le 03/06/1922 à Vannes
Ses débuts
Cinéphile dès l'adolescence, Alain Resnais tourne ses premiers courts métrages très jeune, dont une adaptation de Fantomas. A 20 ans, après un petit rôle dans Les Visiteurs du soir, il est admis à l'Institut des hautes études cinématographiques. Séduit par les documentaires, c'est avec ce format qu'il fait ses débuts (Van Gogh, Guernica), choisissant des sujets hétéroclites. En 1956, Alain Resnais est récompensé pour son film Nuit et Brouillard, sur la déportation, qui lui vaut le prix Jean Vigo, un documentaire qu'il avait réalisé grâce et avec l'historien Henri Michel.
Sa carrière
En 1959, son premier long métrage est un chef d'oeuvre : Hiroshima mon amour. Il enchaîne avec L'Année dernière à Marienbad, pour lequel il obtient le Lion d'or au Festival de Venise. Narrateur contemporain et audacieux, Alain Resnais se nourrit de théâtre, de BD et de vie quotidienne. Cinéaste de La nouvelle vague, engagé politiquement, il utilise comme support des tranches d'histoire (Muriel, La Guerre est finie, Stavisky), évoquant presque toujours les mécanismes psychiques et le libre arbitre de chacun. Minutieux, Alain Resnais ne badine pas avec la documentation : chacun de ses personnages fait l'objet d'une biographie, véritable portrait en profondeur qui permet aux acteurs de mieux s'imprégner du rôle, et au spectateur de garder une part d'interprétation... Fidèle à ses interprètes, il tourne à plusieurs reprises avec sa muse (et femme) Sabine Azéma, et aussi André Dussolier, Pierre Arditi ou encore Jean-Pierre Bacri. Avec pour point culminant dans ce lien, le film Smoking-No Smoking, qui remporte le César du Meilleur film en1993, et dont les onze personnages sont interprétés par le duo Azéma/Arditi. Mon oncle d'Amérique illustre parfaitement le style du réalisateur, à la fois divertissant et cérébral. Un tournant se profile pourtant dans les années 90, où il préfère développer un cinéma plus léger, à mi chemin entre comédie musicale (On connaît la chanson, César du meilleur film en 1998) et opérette (Pas sur la bouche en 2003). Une fois encore, c'est un succès indiscutable. Sans concession, il détaille les multiples facettes du psychisme de ses personnages. En 2006, avec le scénariste Jean-Michel Ribes, il tourne le remarquable Coeurs, un long métrage primé à Venise, 45 ans après Marienbad, une petite merveille de cinéma et de sens. Poète raffiné, parfois dérangeant, loin du cinéma commercial, Alain Resnais nous bouleverse. Un cinéaste unique.