
Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d'une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l'horizon. Au lycée, quelqu'un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C'est peut-être l'intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu'Umi n'a pas manqué de remarquer...

Après son remarqué et remarquable long métrage Les Contes de Terremer, La Colline aux coquelicots marque le second passage à la réalisation pour le dessinateur Goro Miyazaki, fils du légendaire Hayao. Réalisé alors même que les tremblements de terre, le tsunami et le drame nucléaire ravageaient le pays, cet opus nous livre par-delà sa romance entre deux lycéens, une peinture minutieuse jusque dans ses moindres détails d'un Japon coulant des jours ordinaires et heureux. Moins d'un an après la terrible catastrophe de Fukushima, ce dessin animé des studios Ghibli distille ainsi, comme en réaction, un poignant parfum de nostalgie. Il nous entraine, au fil de ses plans magnifiques, au coeur d'un authentique paradis perdu semblant toujours baigné des rayons dorés du crépuscule. L'animation douce et fluide restitue ainsi admirablement la présence nostalgique de cette époque révolue. Et si le fantastique est absent de ce récit situé au lendemain de la guerre de Corée, la magie n'en opère pas moins. Non pas directement à l'aide de légendes ou de mythes exotiques, mais simplement par petites touches poétiques, dans la contemplation d'un monde disparu où tout semblait possible. Un film d'animation ne ressemblant à aucun autre et qui réussit l'exploit enchanteur de sublimer chaque émotion à la manière d'une toile de maître. Pour les amoureux du pays du soleil levant et pour tous les autres, un authentique chef d'oeuvre à découvrir absolument.