
En fin de cure de désintoxication, Anders se rend en ville pour une journée, à l'occasion d'un entretien d'embauche. Il en profite pour renouer avec sa famille et ses amis, perdus de vue. Une lutte intérieure s'engage en lui, entre un profond sentiment de gâchis face aux occasions manquées, l'espoir d'une belle soirée et, peut-être, un nouveau départ.

Avec cette libre adaptation du roman Le Feu follet signé de l'écrivain Pierre Drieu La Rochelle, le réalisateur norvégien Joachim Trier continue de mener à l'écran sa fascinante étude de la jeunesse et de son mal-être structurel. A l'occasion de ce second long métrage, faisant suite au remarqué Nouvelle donne, le cinéaste nous plonge cette fois sans ménagement au coeur d'Oslo, pour une balade désenchantée dans les milieux interlopes. Hypnotique errance urbaine, habitée de bout en bout par la performance époustouflante de naturel du comédien amateur Anders Danielsen Lie, Oslo 31 août dresse par petites touches sensibles et sans pathos outrancier un portrait saisissant de la solitude contemporaine. Un isolement que le cinéaste ne cesse d'exprimer à chaque plan avec délicatesse et maestria, à travers un minutieux travail sur les focales et sur la bande son qui semblent peu à peu estomper son personnage principal. Une quête identitaire mélancolique pour une oeuvre envoûtante qui parvient comme rarement à traduire plastiquement l'esprit d'une époque et d'une génération perdue.