
Au Japon, sur l'île de Kyushu, deux frères sont séparés après le divorce de leurs parents. L'aîné, Koichi part vivre avec sa mère chez ses grands-parents au sud de l'île, tout près du volcan Sakurajima. Son petit frère, Ryunosuke, est resté avec son pèreau nord de l'île. Lorsqu'un nouveau TGV relie enfin les 2 régions, Koichi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques amis jusqu'au point de croisement des trains, où un miracle pourrait, dit-on, se produire.

Après avoir mis en avant la magie de l'enfance dans ses précédents chefs d'oeuvre Still Walking et Nobody Knows, le réalisateur japonais Hirozaku Kore-Eda retrouve pour son dixième long-métrage de fiction ce sujet de prédilection pour un film miraculeux. Convaincu que la vie quotidienne constitue la source unique et intarissable dans laquelle on puise les plus belles aventures, le cinéaste fait du réel un enchantement permanent, grâce à cette histoire de frères séparés filmée à hauteur de gamin. Ce matériau déjà potentiellement dévastateur d'un point de vue émotionnel, Kore-Eda le malaxe sans complaisance, ni facilité, mais avec un goût assumé pour la féérie. Il est des films qui rendent joyeux et I Wish s'inscrit dès les premières minutes dans cette catégorie-là. Pourtant, tout pourrait tirer l'oeuvre vers le drame, ne serait-ce par exemple que l'omniprésence du volcan Sakurajima dont les éruption sont aussi imprévisibles que délétères. C'est justement parce que le danger et le malheur paraissent encercler Koichi et Ryunosuke que ceux-ci se réfugient dans le rêve avec une détermination inébranlable. Ranimant de leurs facéties et plans magiques l'enfant que nous n'avons jamais cessé d'être, ils confèrent à ces deux heures de condensé de bonheur la majesté des meilleurs contes.