
Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Elisabeth et Pierre, sa soeur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d'enfance. En attendant l'arrivée d'Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale. Mais quand on demande à Vincent s'il a déjà choisi un prénom pour l'enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos...

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte transposent sur grand écran la comédie ayant conquis le public du Théâtre Edouard VII en 2010. Conservant à une exception près le casting ayant brûlé les planches grâce à ce huis-clos riche en bons mots et portes qui claquent, Le Prénom décline toutes les situations comiques pouvant naître d'une situation a priori anodines. Ancrés dans un quotidien familial dans lequel chacun s'amusera à reconnaître qui son frère, qui son épouse, qui son amant, les gags s'enchaînent sur un rythme féroce dicté par une écriture alerte et ciselée. Galerie de portraits autant que jeu de massacre minutieusement élaboré, ce récit mis en scène avec une précision d'horloger évite les pièges du théâtre filmé, grâce au brio d'une troupe d'acteurs visiblement ravie de prolonger une aventure commune couronnée de succès. Celle-ci menée avec poigne par un Patrick Bruel tour à tour charmeur, caustique ou excédé parvient à hisser cette comédie pleine d'allant au niveau de films du même accabit comme Un air de famille ou Carnage.