
Henry Barthes est un professeur remplaçant. Il est assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Lui qui s'efforce de toujours prendre ses distances va voir sa vie bouleversée par son passage dans cet établissement...

Après American History X et Lake of Fire, Tony Kaye, réalisateur abrasif et politiquement incorrect, signe une chronique saisissante du délabrement du système éducatif américain. Témoignant avec force du malaise de la jeunesse comme de celui de ses enseignants, ce drame social viscéral creuse avec une rare originalité un thème pour le moins récurrent dans le 7ème art. Et ce, depuis le classique Graine de Violence du cinéaste Richard Brooks jusqu'au récent Entre les murs de notre compatriote Laurent Cantet. Avec ses faux airs de docu-fiction, Detachment évite habilement l'écueil de la redite, d'autant plus que le long métrage est habité de bout en bout par la conviction et l'enthousiasme de comédiens bien décidés à empoigner le sujet avec toutes leurs tripes. En tête, l'oscarisé Adrien Brody et la prometteuse Sami Gayle font des étincelles, talentueusement secondés par la prestation au diapason des acteurs Lucy Lui, Marcia Gay Harden, James Caan et Christina Hendricks. Plus qu'un énième film de salle de classe, une oeuvre radicale et sans concession qui laisse les spectateurs les plus sensibles sur le flanc avec des questions plein la tête.