
César est un gardien d'immeuble toujours disponible, efficace et discret. Disponible pour s'immiscer dans la vie des habitants jusqu'à les connaître par coeur ; discret quand il emploie ses nuits à détruire leur bonheur ; efficace quand il s'acharne jusqu'à l'obsession sur Clara, une jeune femme insouciante et heureuse.

Après nous avoir terrifiés en mettant en scène démons, fantômes et autres infectés, le réalisateur Jaume Balagueró poursuit sa carrière de virtuose de l'épouvante ibérique en signant un récit destiné aux amateurs éclairés de sueurs froides. Troquant ici les créatures paranormales de ses précédents longs métrages [REC], Darkness ou Fragile contre un psychopathe du quotidien, le cinéaste livre un thriller domestique dérangeant. Porté de bout en bout par l'interprétation saisissante des comédiens Luis Tosar, Marta Etura et Alberto San Juan, Malveillance déploie ainsi avec une implacable rigueur son scénario malin, manipulant à loisir le spectateur pour en faire le témoin comme le complice de sa méthodique entreprise de destruction. Une fable cruelle et élégante sur le mal absolu qui, tout en suggestion et en subtilité, confirme la très bonne santé du cinéma horrifique espagnol.