
Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens se découvrent des super-pouvoirs. La chronique de leur vie qu'ils tenaient sur les réseaux sociaux n'a désormais plus rien d'ordinaire... D'abord tentés d'utiliser leurs nouveaux pouvoirs pour jouer des tours à leurs proches, ils vont vite prendre la mesure de ce qui leur est possible. Leurs fabuleuses aptitudes les entraînent chaque jour un peu plus au-delà de tout ce qu'ils auraient pu imaginer. Leur sentiment de puissance et d'immortalité va rapidement les pousser à s'interroger sur les limites qu'ils doivent s'imposer... ou pas !

Remarqué pour ses courts métrages usant à merveille de la caméra subjective et du found footage (dans la lignée des cultissimes Rec ou Cloverfield), le jeune réalisateur Josh Trank signe un premier long explorant avec maestria toutes les possibilités du genre. Nous propulsant sans ménagement dans le journal intime d'un adolescent doté d'inquiétants supers-pouvoirs, Josh Trank tisse un film hors normes qui, de la fable intimiste sur une amitié naissante, vire peu à peu au blockbuster apocalyptique rehaussé de plans spectaculaires. Car à la différence des nombreux films du genre, le trio d'ados vedette de Chronicle ne cherche jamais à user de ses pouvoirs pour sauver le monde, préférant au contraire les garder secrets afin d'en jouir très égoïstement. A grands pouvoirs, aucune responsabilité : une approche totalement jouissive du film de super-héros portée par des protagonistes toujours hyper-connectés, comme pour mieux brocarder la génération Facebook, démontrant au passage comment la notoriété éphémère des teenagers repose sur du vide. Un premier film aussi drôle qu'empreint de gravité et qui, littéralement emporté par la performance énergique de ses comédiens Dane DeHaan, Alex Russell ou Michael B. Jordan, tient toutes ses promesses de documenteur hallucinant, de son plan d'ouverture jusqu'à son final dantesque.