
Edward Scissorhands n'est pas un garçon ordinaire. Création d'un inventeur solitaire, il a reçu un coeur pour aimer, un cerveau pour comprendre. Mais son concepteur âgé, meurt avant d'avoir pu terminer son oeuvre. Edward se retrouve ainsi seul, avec des lames de métal et des instruments tranchants en guise de mains.

Avec Edward aux mains d'argent, le cinéaste Tim Burton signe sans conteste son long métrage le plus abouti, exprimant tout en subtilité sa fascination pour le merveilleux. Nourri aussi bien aux images de contes de fées qu'aux visions de cauchemars, le réalisateur, en nous racontant son histoire par le truchement des couleurs, réussit à mener à bien un projet d'envergure. Des pastels de l'Amérique insouciante et de ses quartiers résidentiels, on glisse peu à peu vers l'univers sombre d'Edward, avec ses ombres marquées et ses contrastes forts. Et si la palette chromatique est subtile, celle des sentiments l'est tout autant, notamment grâce à la performance époustouflante du comédien Johnny Depp. Une fable moderne, mélangeant pour le meilleur macabre et fantastique, qui aborde brillamment et sans en avoir l'air les questions épineuses de la peur de l'autre et de la tolérance.