
A 17 ans, Claire se débat entre son engagement dans la natation et ses premiers émois amoureux. Maurice Reverdy, un vieil homme aussi mystérieux qu'extravagant, l'a recueillie dans sa grande demeure. Mais Claire évite soigneusement cette figure lointaine qui n'est autre que son grand-père. Fiers, insoumis, solitaires, ils représentent deux générations qui se repoussent et s'attirent à la fois, deux trajectoires entrelacées qui vont se confronter, l'une en quête d'avenir, l'autre tourmentée par son passé..

Scénariste et désormais réalisateur, Laurent Perreau signe avec Le Bel âge un premier long métrage tout en finesse et en suggestion, qui relève audacieusement son pari de réunir deux films en un seul. À travers les portraits croisés d'un grand-père obsédé par un passé qui s'effrite et de sa petite fille tourmentée par un avenir incertain, le cinéaste nous donne à voir un attachant cache-cache, toujours filmé en lumières et en rythmes différents. Plans sombres pour le vieil homme, caméra aux mouvements désordonnés pour l'adolescente, Laurent Perreau s'ingénie à tisser à l'écran une séparation formelle qui, en captant sensiblement la fuite de ses protagoniste, jette paradoxalement une émouvante passerelle entre deux solitudes qui se ressemblent. Le résultat est une totale réussite, portée de bout en bout par ses comédiens époustouflants, l'excellent Michel Piccoli, la révélation Pauline Etienne, Eric Caravaca et Johanna ter Steege en tête. Une fable contemporaine à l'équilibre fragile, qui parvient à saisir avec une même intensité le désir trouble de l'adolescence et les affres d'une vieillesse hantée.