
8 Mai 2006 : l'Iran est en passe de se qualifier pour la coupe du monde de football. Un car de supporters déchaînés est en route vers le stade. Une fille déguisée en garçon s'est discrètement glissée parmi eux ; elle ne sera pas la seule à tenter de transgresser l'interdiction faite aux femmes d'assister aux manifestations sportives. A l'entrée du stade, elle est démasquée et confiée à la brigade des moeurs qui devra décider de son sort. Enfermée dans un enclos improvisé, elle est très vite rejointe par d'autres filles. Ensemble, elles refusent d'abandonner et usent de toutes les techniques pour voir le match.

Trois ans après son très remarqué Sang et or, le cinéaste iranien Jafar Panahi signe un long métrage à la tonalité résolument humoristique. Réalisateur politisé s'il en est, Jafar Panahi ne sacrifie pas pour autant ses convictions sur l'autel du rire signant, sous couvert de fable aux accents de comédie, son film le plus férocement engagé. Sa pleine réussite tient d'ailleurs à cet équilibre savant entre charge politique et mise en scène comique qui s'appuient mutuellement sans jamais se contredire. Jouant sans cesse sur l'ambiguïté entre documentaire et fiction, le metteur en scène iranien livre une oeuvre remarquable qui, en s'attachant à un sujet populaire à savoir le football, s'attaque frontalement aux travers du régime iranien. Une véritable leçon de cinéma engagé.