
Le chirurgien David Kimble mène une vie paisible jusqu'au jour où il retrouve son épouse avec le crâne fracassé et est accusé du meurtre. Pour rétablir la vérité, il doit d'abord s'évader et reprendre l'enquête de zéro, avec toute la police à ses trousses.

« Police on my back », autant dire la police aux fesses en bon français. Voilà ce que chantait avec leur colère légendaire le groupe The Clash sur l'immense album Sandinista. Ce cri de ralliement punk, le docteur Richard Kimble pourrait le faire sien, tant il sait ce qu'est la vie d'un homme traqué. Toujours courir, sans faiblir pour se laisser la chance de prouver son innocence, voici son immuable credo, ou sa malédiction. Avec ce personnage en fuite mis en valeur par une série éponyme considérée comme culte, le réalisateur Andrew Davis (Piège en haute mer, Meurtre parfait) condense les 120 épisodes de cette saga des années soixante pour en extraire le suc. De cette métamorphose dictée par l'objet cinéma et par un réel souci d'actualisation, le récit gagne en nerfs ce qu'il perd en turpitudes psychologiques transformant ainsi Le Fugitif en un thriller au rythme époustouflant. Dans cette course poursuite hautement jouissive, les acteurs Harrison Ford (Frantic, Firewall) et Tommy Lee Jones (Dans la brume électrique, No country for old men) s'amusent avec un plaisir contagieux à jouer au chat et à la souris rendant par leur incarnation convaincue cette aventure aussi palpitante que divertissante.