
A New York, un riche homme d'affaires et son épouse sont sauvagement assassinés. La police se tourne vers la piste d'un groupuscule terroriste, mais l'enquête piétine et les meurtres se multiplient à une vitesse folle, touchant cette fois les quartiers plus populaires de la ville. L'inspecteur Dewey Wilson, peu satisfait de la vision rationnelle de cette affaire, décide d'approfondir l'hypothèse selon laquelle ses crimes seraient ceux d'une force surnaturelle...

Créature cinématographique hybride, à la fois pur divertissement et brûlot libertaire aux crocs acérés, Wolfen est de cette catégorie de film à l'intelligence unique.
Derrière ce monstre à deux têtes qui glace le sang autant qu'il secoue la conscience, se cache un cinéaste peu prolifique, mais constant dans son engagement. Son nom : Michael Wadleigh, réalisateur surtout reconnu pour son travail auprès des rocks stars des années soixante et son documentaire sur le festival de Woodstock.
L'Histoire retiendra de cet événement musical rassemblant les meilleurs groupes de la période hippie sa portée politique.
En 1969, Woodstock était le chant de révolte d'une jeunesse pacifiste et colorée. Treize ans plus tard, "Wolfen" devient à travers l'oeil de l'artiste le hurlement de rage des laissés pour compte. Le point de vue est donc tranché ici, mordant même. Dénonçant le sort des invisibles et autres rebuts de l'ère Reagan, Wadleigh prend la liberté d'inventer une fable horrifique aux accents écolos passionnants et à la réalisation visionnaire. Situant l'intrigue à New York, ville symbole du triomphe du libéralisme de l'ère Reagan, il sonde à travers le regard de l'acteur Albert Finney ("Le Crime de l'Orient Express", "Erin Brockovich", "Big Fish") les bas-fonds sombres et délabrés de la Grosse Pomme...