
Alex, l'héroïne de XXY, est atteinte d'une « ambiguïté génitale ». Appelez-la hermaphrodite ou intersexuelle, ou voyez-la simplement comme un(e) adolescent(e) de 15 ans, d'apparence féminine, plus interdit(e) qu'un(e) autre devant les transformations de son corps. Est-ce, pour elle, l'âge du choix de son identité sexuelle, avec chirurgie à la clé, comme le pense sa mère ? Mais comment choisir ?

Primé lors de la Semaine de la critique du Festival de Cannes, ce premier long métrage de la réalisatrice argentine Lucía Puenzo intrigue autant qu'il séduit par son sujet hors normes : l'hermaphrodisme. Mais dans XXY, il n'est pas question de spectaculaire ni de voyeurisme, car les émois pudiques de son héroïne Alex, compliqués par une ambigüité intrinsèque, sont avant tout destinés à faire écho à l'universalité revendiquée des sentiments. Démontrant un vrai talent de cinéaste et brossant avec sensibilité une galerie de personnages attachants, Lucía Puenzo livre un film aussi touchant que maîtrisé, habité de bout en bout par la performance époustouflante de sa comédienne principale, Inés Efron. Une actrice tout en colère et en souffrance retenues dans une quête d'identité universelle et poétique.