
Wendy roule avec sa chienne Lucy vers l'Alaska, où elle espère trouver un travail qui lui rapporterait un peu d'argent. Dans une petite ville de l'Oregon, elle vole dans un supermarché et se fait arrêter par la police. Pendant ce temps, Lucy disparaît. Alors le monde trop précaire de Wendy s'écroule : sa voiture tombe en panne, elle n'a pas de quoi la réparer, elle est bloquée. Mais le gardien du supermarché lui vient en aide et lui redonne l'énergie pour reprendre la route...

En 2007, avec son délicat Old Joy, la réalisatrice Kelly Reichardt s'imposait d'emblée comme une figure incontournable du cinéma indépendant américain. Présenté à Cannes dans la section « Un Certain Regard », Wendy et Lucy, son troisième long métrage, confirme la cohérence de son engagement dans un cinéma viscéralement politique et humain qui nous embarque cette fois dans un road movie. sans route ni horizon. Un road movie existentiel qui retrace l'errance d'une jeune femme au seuil de la misère, interprétée avec une douceur infinie par l'actrice Michelle Williams (Le Secret de Brokeback Mountain). Entourée de Will Patton et Will Oldham, la comédienne met ici toute sa pudeur au service d'un personnage en quête d'un avenir meilleur dans un film minimaliste sur la solitude, la détresse, la dureté des uns, la bienveillance des autres. Installant son récit dans un spleen feutré, Kelly Reichardt brosse ainsi le portrait de laissés-pour-compte et de déshérités d'une Amérique en pleine crise pour un petit chef-d'oeuvre à l'esthétisme épuré d'un Gus Van Sant. Nu de sensiblerie, habité d'une tendresse folle et d'une tristesse de plomb, Wendy et Lucy parvient à dispenser bonheur et plénitude dans un film remarquable par l'émotion qu'il dégage. On en sort éblouis.