
Pendant trois ans, Waste Land suit l'artiste brésilien Vik Muniz de Brooklyn, où il vit, à Jardim Gramacho en banlieue de Rio de Janeiro. Dans la plus vaste décharge du monde, il retrouve son Brésil natal pour un projet artistique inédit : photographier les « catadores » (les ramasseurs de déchets recyclables) dans des mises en scènes composées à partir d'objets et de matériaux rescapés des poubelles. Tout au long de cette aventure, le projet va prendre une toute autre dimension. Au fur et à mesure de sa collaboration avec ces personnages hors du commun, Vik va saisir tout le désespoir et la dignité des catadores, alors même qu'ils parviennent à réinventer leur vie en prenant part à son oeuvre d'artiste.

Montre-moi ce que tu jettes et je te dirai qui tu es. Nul n'est mieux placé pour le savoir que les « catadores », les trieurs de déchets du dépotoir de Jardim Gramacho à la périphérie de Rio de Janeiro. Une déchetterie tentaculaire, la plus grande du monde, sur laquelle s'échinent près de 2500 âmes pour moins de 25 dollars par jour. Leur quotidien ? Trier ce que les riches et les autres ont jeté aux ordures. Parfois c'est une curiosité, comme une lettre de Playboy, une autre fois c'est l'horreur quand l'un d'entre eux découvre le cadavre d'un bébé. Suivi par la caméra omniprésente de la réalisatrice Lucy Walker, l'artiste contemporain et spécialiste des matériaux incongrus Vik Muniz, a cette fois choisi de photographier ces forçats de la décharge, en les mettant en scène avec ces détritus qui les font vivre. Moyennant le reversement des bénéfices de la vente de ces oeuvres aux intéressés, ce projet hors-normes fera ainsi voler en éclats les frontières entre art, écologie et humanitaire. Récompensé par le Prix du public du Meilleur documentaire au Festival de Sundance 2010, ce documentaire digne et émouvant livre ainsi une réflexion sur la responsabilité de l'artiste envers son environnement. Se faisant également, entre joie de vivre et désillusion, l'illustration probante que l'art peut concrètement changer des vies, même celles des plus démunis. A voir absolument.