
Virgil fait rêver son père, détenu en prison, à chacune de ses visites en lui racontant ses exploits de boxeur. Virgil rêve aussi en croisant le regard de Margot, une jeune femme elle aussi habituée aux séances de parloir. Un jour, son père lui annonce qu'il va être libéré, et surtout qu'il va pouvoir remonter sur un ring. Mais Virgil n'a plus enfilé ses gants depuis trois ans.

Pour son premier long métrage le jeune réalisateur Mabrouk El Mechri frappe fort et livre, sous le couvert d'un film de boxe, une comédie dramatique aussi émouvante qu'enlevée. Rythmé par les confrontations de ses protagonistes tantôt douloureuses et tantôt salvatrices, au parloir ou sur le ring, Virgil déploie fait évoluer avec virtuosité sa galerie de personnages éclopés. N'en privilégiant aucun pour mieux donner à tous à un véritable espace d'expression, le cinéaste laisse ainsi la part belle à son casting mené avec énergie par les comédiens Jalil Lespert, Léa Drucker, Jean-Pierre Cassel et Philippe Nahon. Un premier passage remarqué derrière la caméra pour un récit à la fois populaire et romanesque qui dénote une véritable profondeur artistique.