
Comme la goutte d'eau fait déborder le vase, Ann voit une nuit Thomas embrasser une autre, et elle décide de le quitter, de tout quitter. Elle est musicienne, seule la musique la tient mais ne la retient pas. Elle ne tient qu'à la musique. Avec l'amitié de Georges, surgi de son enfance, elle rompt et fuit, part à la rencontre de son origine et de son destin, trouve une île, là où est la Villa Amalia...

Pour cette fidèle adaptation du roman percutant de Pascal Quignard, le réalisateur Benoît Jacquot, spécialiste du portrait de femme à la dérive, retrouve pour la cinquième fois l'une de ses actrices fétiches, Isabelle Huppert. De (presque) tous les plans, la comédienne, plus rayonnante que jamais, part ici en quête de sérénité dans un film envoûtant où elle a pour partenaire un Jean-Hugues Anglade d'une grande justesse. Avec une intrigue en forme de peau de chagrin, des images d'une beauté fascinante et une mise en scène d'une rare intensité, Villa Amalia nous invite ainsi à contempler la métamorphose d'une femme qui s'extrait du monde pour mieux renaître. Une véritable bouffée d'oxygène pour un saisissant moment de cinéma qui émeut sans prévenir et emmène le spectateur vers l'évasion totale.