
Rosario Russo, un restaurateur de cinquante ans, s'est installé depuis douze ans en Allemagne où il mène une vie paisible, entouré de sa femme Renate, de son fils Mathias et de son ami Claudio. La vie tranquille de Rosario va prendre un tournant dramatique le jour où deux jeunes italiens arrivent sans prévenir dans son restaurant. L'un d'eux, Diego, n'est autre que le premier fils de Rosario, qu'il avait abandonné quinze années auparavant pour fuir un passé qu'il aurait préféré oublier. Rosario s'appelait alors Antonio De Martino, il était l'un des plus féroces et des plus puissants camorristes de la région de Caserta...

Sur bien des films italiens plane, aujourd'hui, encore le souvenir du crime organisé ou des « années de plomb ». Ici, c'est le cortège des malfaiteurs plus ou moins repentis qui occupe le devant de la scène pour brosser le portrait d'un être opaque, condamné entre deux pauses illusoires à rester un éternel fugitif. Haletante variation sur des rapports père-fils placés sous haute-tension, ce long métrage du réalisateur Claudio Cuppellini opère tout en sobriété pour faire exister à l'écran des relations humaines pourtant déchirantes. L'amour d'un père pour ses enfants, la rancoeur d'un fils abandonné ou le besoin de se préserver sont autant d'émotions portées à l'écran avec force, notamment grâce à la prestation époustouflante de l'extraordinaire comédien Toni Servillo, aperçu dans Il Divo ou Gomorra. Face à lui, les comédiens Marco D'amore et Francesco di Leva ne gâchent rien à cette distribution de haute volée. Ils confèrent par leur interprétation étonnante de justesse une humanité inattendue à leurs personnages d'hommes de main. Un polar italien d'une grande maîtrise qui traduit avec une intensité jamais démentie le désespoir d'un homme, écartelé entre son enfant et l'espoir d'une vie tranquille.