
Yann et Nadia sont amoureux. Ensemble, ils se sentent invincibles. Un jour, Yann repère une maison au bord d'un lac et décide de la transformer en restaurant. Pour ce projet, il leur faut de l'argent, mais l'argent ce n'est pas un problème quand on a l'énergie, la jeunesse et l'amour. Mais très vite, la réalité bêtement matérielle les rattrape. Face aux dettes et à ce rêve vaincu, Nadia est contrainte d'accepter un travail au Canada laissant son fils Slimane seul avec Yann.

Trois ans après avoir ranimé la violence d'un amour de jeunesse dans le déchirant Les Regrets, le réalisateur Cedric Kahn (Roberto Succo, Feux rouges, L'ennui) autopsie à nouveau une histoire d'amour cette fois-ci à l'aune du surendettement. Donnant ainsi une toile de fond prosaïque et dénuée de toute tentative de spectaculaire, il mène tel un documentariste une reconstitution saisissante de la descente aux enfers de ses deux jeunes héros. Celle-ci sera dure, sans fards, d'autant plus prenante qu'elle est réaliste. Avec cette vigueur propre au meilleur cinéma social britannique, la caméra suit le parcours chaotiques de Yann et Nadia, personnages superbement campés par les acteurs Guillaume Canet (Les Petits mouchoirs, La Plage) et Leïla Bekhti (La Source des femmes, Tout ce qui brille). Drame poignant où l'amour fou s'écrase douloureusement contre la réalité du monde, Une vie meilleure est un film percutant dont on se relève sonné.