
Texas, 1963. Voleur récidiviste, considéré comme un criminel incurable, Butch s'évade avec un complice du pénitencier, kidnappant un petit garçon de 7 ans pour protéger leur cavale. Le petit otage, Philip, a grandi sans père avec une mère sévère témoin de Jéhovah. Pendant que le ranger Red Garnett, accompagné bien malgré lui par une jeune criminologue, se lance à leur poursuite, le bandit et l'enfant nouent des liens presque filiaux.

Ce polar poétique et contemplatif du cinéaste Clint Eastwood est sortie en salles en 1993. Il tire sa beauté solaire d'un habile parti pris de réalisation, qui fixe la caméra et notre regard de spectateur à 1 mètre 20 au dessus du sol. Filmant à hauteur d'enfant, Clint Eastwood nous livre ici la cavale initiatique de deux âmes blessées. Deux personnages que rien ne semblait rapprocher et qui pourtant ont en commun un refus douloureux du monde des adultes. Révélant un Kevin Costner aussi bouleversant qu'attachant, Un monde parfait nous donne également l'occasion d'apprécier la prestation rare du très jeune acteur T.J. Lowther, tout bonnement époustouflant. Sans cesse sur leurs talons, le comédien Clint Eastwood s'est réservé le rôle du ranger irréprochable et humaniste, renouvelant magnifiquement pour l'occasion son image de flic borderline popularisée avec la saga des Dirty Harry. Variation virtuose sur un thème pourtant classique, Un monde parfait envoie allègrement valser tous les clichés pour s'affirmer comme l'une des oeuvres les plus abouties et désenchantées du réalisateur.