
Après son divorce, Ylan, une jeune Chinoise installée dans une petite ville des Etats-Unis, reçoit la visite de son père, M. Shi, vivant à Pékin et désireux de l'aider à surmonter sa peine. M. Shi découvre alors avec surprise la vie de sa fille dans ce pays étranger et il comprend rapidement qu'elle n'a pas vraiment besoin de lui, qu'elle ne souffre pas de la séparation avec son mari. Tout les éloigne : leur culture, leur mode de vie, leur langage. La communication entre le père et la fille semble impossible. Ylan refuse l'aide de son père, et avec elle l'héritage de la culture chinoise, le poids de son passé.

Adaptation d'une nouvelle de la romancière Yiyun Lili, Un millier d'années de bonnes prières illustre avec une justesse rare la rencontre frontale des cultures chinoise et américaine. Né à Hongkong et résident américain depuis l'âge de 18 ans, le réalisateur Wayne Wang connaît intimement ces questions de la double identité et de l'incommunicabilité, qu'il aborde ici au travers d'une chronique familiale subtile, armé d'une mise en scène aussi pudique et mélancolique que ses personnages. A la fois dense et épuré, le film de Wayne Wang bénéficie des prestations attachantes de ses comédiens Henry O et Faye Yu. Première partie d'un diptyque aigre-doux, complété par le long métrage La Princesse du Nebraska, Un millier d'années de bonnes prières est une oeuvre porteuse d'espoir, celui d'un optimisme réconfortant quant à l'entente entre les peuples.