
Printemps 1994. Kigali, capitale du Rwanda, au coeur de l'Afrique. Partagé entre l'espoir et la désillusion, Bernard Valcourt y tourne un documentaire sur le sida, alors que les tensions raciales entre Tutsis et Hutus s'amplifient. Au quartier général des expatriés occidentaux, il tombe follement amoureux de Gentille, une jeune serveuse rwandaise, aussi belle que farouche... L'attirance est réciproque mais les premiers pas sont hésitants. Ils sont si différents: elle, si jeune, lui, si, "blanc".

A la frontière du documentaire et de la pure fiction, Un dimanche à Kigali a pour objectif avoué de sublimer à l'écran l'horreur du drame rwandais. Le long métrage du réalisateur canadien Robert Favreau évite les excès de mise en scène autant que la surenchère, faisant le choix du mélodrame mais aussi celui de la sobriété pour retracer les rouages d'un véritable massacre. Littéralement porté par l'interprétation époustouflante des comédiens Luc Picard et Fatou N'Diaye, Un dimanche à Kigali dépeint, entre la beauté d'une histoire d'amour et l'horreur d'un génocide, toute l'inertie et l'indifférence des grandes nations face à un drame qui aurait pu être évité. Une oeuvre édifiante.