
Pablo est un jeune poète, mais aucun éditeur n'a encore accepté de le publier. Pour subvenir à ses besoins, il doit demander le soutien de sa famille. En quête d'amour, il se met à fréquenter un cercle "d'amateurs de cuir", adeptes du sado-masochisme.La sexualité devient bientôt un moyen d'affirmer son individualité. Un an plus tard, Pablo a écrit des pages et des pages sur ses aventures sexuelles et sur le traitement qu'il suit pour combattre sa séropositivité.

Adapté d'un roman autobiographique de l'écrivain Pablo Pérez, ce premier long métrage de la réalisatrice Anahi Berneri relate une année dans la vie d'un écrivain séropositif, gay et adepte de pratiques sadomasochistes. A la façon d'un journal intime, cette ouvre, qui a la force et l'intensité d'un coup de poing en plein visage, nous entraine à la suite d'une caméra virtuose dans les méandres d'une sexualité où la douleur est le moyen d'oublier la souffrance permanente de la maladie. Récompensé lors de la Berlinale 2005 par le Teddy Award du meilleur film gay, Un Año sin Amor déploie ainsi une mise en scène aussi inventive que méticuleuse, privilégiant les gros plans et morcelant son récit pour mieux retranscrire la vie dissolue de son héros. Mais c'est surtout lors des scènes sexuelles que l'habileté de la réalisation éclate littéralement à l'écran, permettant au film par son intelligence de tous les plans de ne sombrer ni dans les travers racoleurs ni dans le sentimentalisme de bas étage. Une oeuvre exigeante et aboutie qui remplit avec justesse son objectif prioritaire : restituer à l'écran ce moment tragique et douloureux où l'apparition des trithérapies s'accompagnait d'autant d'espoir que de méfiance chez les séropositifs.