
Dans un quartier populaire de Glasgow, Joseph est en proie à de violents tourments à la suite de la disparition de sa femme. Un jour, il rencontre Hannah. Très croyante, elle tente de réconforter cet être sauvage. Mais derrière son apparente sérénité se cache un lourd fardeau : elle a sans doute autant besoin de lui, que lui d'elle.

Sensation du festival de Sundance 2011, récompensée par le prix du meilleur film et du meilleur acteur, ce long métrage marque les débuts en fanfare du comédien et désormais réalisateur Paddy Considine. Et comme bien souvent dans le cinéma britannique, il est question d'évoquer un quotidien difficile, en brossant au passage le portrait vitriolesque d'un type malheureux et violent, qui traîne ses démons dans la noirceur de Glasgow. Ici, les acteurs auront la part belle. L'immense Peter Mullan déploye tout son savoir-faire pour nous émouvoir, toujours soutenu par l'extraordinaire actrice Olivia Colman qui lui volerait presque la vedette par sa prestation tout en nuances. Parlant à l'écran de ce qu'il connait le mieux : l'alcool et la religion comme refuges à une existence insoutenable, le réalisateur et scénariste Paddy Considine filme une relation aussi salvatrice que déchirante, tout en nous livrant par petites touches sensibles un conte moderne d'une noirceur implacable. Un premier film coup-de-poing qui perpétue avec une rare virtuosité la tradition britannique d'un cinéma fermement ancré dans une réalité sociale sinistrée.