
Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite bourgade des États-Unis pour y promouvoir son dernier roman de sorcellerie. Il se fait entraîner par le shérif dans une mystérieuse histoire de meurtre dont la victime est une jeune fille du coin. Le soir même, il rencontre, en rêve, l'énigmatique fantôme d'une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s'offre à lui. Pour démêler cette énigme, il va devoir aller fouiller les méandres de son subconscient et découvrir que la clé du mystère est intimement liée à son histoire personnelle.

Après ses deux précédentes expérimentations, L'Homme sans âge en 2007 et Tetro en 2009, le cinéaste Francis Ford Coppola signe un conte gothique virtuose, qui lui permet au passage de régler ses comptes avec Hollywood. En effet, pas la peine d'être extralucide pour voir dans ce héros écrivain le double fictionnel de Coppola et pour déceler derrière l'intrigue fantastique le véritable sujet de son long métrage : l'angoisse de la page blanche et les affres de la création. Devançant ainsi ses détracteurs, qui lui reprocheront à coup sur ce surprenant changement de registre, le maestro tisse un film au charme lyrique et baroque dans lequel l'intrigue policière se mue lentement mais surement en investigation intime. Des rêveries troublées du héros, campé avec brio par le comédien Val Kilmer, on déduira sans peine les obsessions ou même les évènements réels qui ont marqué la vie du cinéaste, à l'image de la mort de son fils aîné Gio. De l'art comme force de transcendance, Twixt explore le sujet avec une grâce et une sincérité rare, que vient toujours délicatement appuyer la prestation d'une distribution au diapason, l'impeccable Elle Fanning en tête. Un film métaphysique, terriblement émouvant et définitivement une des oeuvres majeures du maître Francis Ford Coppola.