
De nos jours au Rajasthan, Trishna, une jeune paysanne Indienne travaille pour son père. Issue d'un milieu défavorisé, elle fait la rencontre de Jay, un séduisant jeune homme fortuné. Charmé, il offre à Trishna de travailler en tant que serveuse dans son hôtel de luxe. Devenus amants, ils vont alors se plonger dans une passion amoureuse, contaminée par une lutte des classes omniprésente.

Eclectique mais toujours passionnant, le réalisateur britannique Michael Winterbottom n'a cessé de nous surprendre ces dernières années en signant des créations aussi différentes que The Trip, une balade désenchantée dans la lande anglaise, ou The Killer Inside me, un portrait de psychopathe pas piqué des vers. Avec cette adaptation de l'avant-dernier roman de l'écrivain Thomas Hardy, Tess D'Urberville, le cinéaste transpose ce classique de la littérature britannique du XIXème siècle dans l'Inde contemporaine et réussit un authentique tour de force. En effet, Michael Winterbottom livre une romance tour à tour sombre et lumineuse, dans laquelle les sous-textes politiques et sociaux feront résolument sens tout en répondant parfaitement au roman original. Porté par deux acteurs au sommet de leur art, Trishna est l'occasion de retrouver la comédienne Freida Pinto, à qui il suffit d'un regard vacillant ou d'un sourire dérobé pour fasciner instantanément. Quant à son partenaire Riz Ahmed, il révèle ici une palette de jeu saisissante, en homme-enfant troublé par une femme à laquelle il promet une vie qu'il ne saurait assumer. Un long métrage époustouflant qui a l'immense mérite de nous donner, non seulement de quoi comprendre les enjeux de la modernité en Inde, mais qui nous permet également de les ressentir intimement, en épousant durant 108 minutes les aspirations comme les désillusions d'une génération pour laquelle tout est allé trop vite. Une franche réussite.