
Début des années 50. Sabine, sa mère et sa grand-mère vivent toutes les trois dans un petit appartement au coeur de Varsovie. Sabine viens d'avoir 30 ans et mène une vie sans histoire. Introvertie, elle peine à trouver l'homme qui lui manque pour s'épanouir. Sa mère, désespérée, donnerait ciel et terre pour qu'elle rencontre le bon candidat. Sa grand-mère, la langue bien pendue, chapeaute le défilé des prétendants à la maison, mais en vain. Sabine ne s'intéresse à aucun d'entre eux. Un beau jour, sortant de nulle part, surgit le terriblement attirant, trop charmant et étrangement intelligent Bronislaw...

Premier long métrage du réalisateur Borys Lankosz, Tribulations d'une amoureuse sous Staline s'amuse à recréer, par petites touches cruelles, succession de peurs diffuses et d'espoirs déçus, un instantané en monochrome de la vie menée en Pologne sous le Petit père des peuples. Habile mélange des genres, ce récit à la mise en scène éminemment maîtrisée et à l'humour noir omniprésent accumule les péripéties loufoques, dynamité par des comédiens convaincants qui, Marcin Dorocinsk et Agata Buzek en tête, crèvent littéralement l'écran. Appartenant d'ores et déjà à la nouvelle vague polonaise, cet exercice de style aussi virtuose que probant est rehaussé tout du long par la bande son emballante du compositeur Wlodek Pawlik, dont les accents délicieusement jazzy ne gâchent rien à l'affaire. Un film virtuose au charme suranné doublé d'une critique jouissive du régime stalinien. A découvrir.