
Lorsque sa mère meurt d'une overdose, la petite Jeliza-Rose part s'installer dans une vieille ferme avec son père, Noah, un héroïnomane qui a connu des jours meilleurs. Afin d'échapper à la solitude, elle s'évade dans un monde imaginaire. Pour lui tenir compagnie, Jeliza-Rose n'a que les têtes de quatre poupées qui ont perdu leurs corps, jusqu'à ce qu'elle rencontre Dickens, un jeune homme ayant l'esprit d'un garçon de dix ans. Dickens a une grande soeur, Dell, une sorte de fantôme vêtu de noir qui se dissimule constamment sous un voile d'apiculteur. Pour Jeliza-Rose, le voyage ne fait que commencer.

Avec cette adaptation grandiose d'un roman de l'écrivain Mitch Cullin, le génial réalisateur Terry Gilliam (Brazil, L'Armée des 12 singes) signe un conte surréaliste et gothique. Tideland, c'est une plongée aussi baroque qu'inquiétante dans l'inconscient tourmenté d'une petite fille, magnifiquement campée par la jeune comédienne Jodelle Ferland. Aux commandes de cette oeuvre rare, l'imagination fertile du cinéaste fonctionne à plein régime, brossant à grand renfort d'images oniriques et sublimes le portrait contrasté d'une Alice aux pays des horreurs pour un film hors normes, maîtrisé de bout en bout.