
Jeune officier, Will Montgomery est chargé d'une mission délicate : annoncer aux familles la nouvelle du décès d'un des leurs au combat. Il est formé par Anthony Stone, un partenaire de travail avec qui les relations sont tendues...

Déjà récompensé par l'Ours d'argent à Berlin et par le Grand prix au Festival du Film Américain de Deauville, ce premier long métrage du réalisateur Oren Moverman délivre avec maîtrise un message sans concession. Film choc, The Messenger n'est ni une oeuvre antimilitariste, ni véritablement un film sur le retour au pays. Il livre une observation fine des conséquences sur leurs familles de la disparition des soldats morts au combat. Portrait croisé de deux militaires chargés de communiquer ces décès, The Messenger décortique la routine apparemment inhumaine de ces annonces pour mieux illustrer, sans aucun débordement de pathos, la souffrance intime des familles. Et plutôt que de filmer la guerre, le réalisateur a eu l'excellente idée de l'évoquer aussi intelligemment que simplement, en filmant notamment au plus près les blessures de ces hommes marqués jusque dans leur chair par les conflits. Un choix de mise en scène toujours judicieux qui permet au duo de comédiens vedette Ben Foster et Woody Harrelson d'exprimer, à chaque plan et tout en nuances, les fêlures psychologiques comme l'humanité contenue de leurs personnages. Une double interprétation aussi émouvante qu'emballante, qui couronne la réussite de cette oeuvre exigeante, parfois difficile pour les plus sensibles mais certainement salutaire pour tous les cinéphiles.