
1959. Sur les routes poussiéreuses du Sud des Etats-Unis, un groupe de jeunes bikers se dirige vers Daytona. Habillés de cuir noir, ils veulent crier leur colère au monde entier. Durant leur voyage, ils font escale dans une petite ville pour réparer leurs motos. C'est ici que Vance, leur chef, va flirter avec une jeune mineure de la ville et déclencher la colère de son père comme des autres habitants.

Premier long métrage de la réalisatrice Kathryn Bigelow (Démineurs), The Loveless nous invite à une plongée sans concession dans l'Amérique profonde des années 60. Authentique film culte sur l'univers des motards, ce petit bijou inexplicablement inédit en France donne pourtant l'occasion à l'acteur Willem Dafoe d'endosser son premier grand rôle à l'écran. Epoustouflant d'intensité et d'ambigüité, le comédien incarne ici une parfaite icône du biker, magnifié par une réalisation virtuose qui enregistre et fétichise le moindre détail avec une fascination évidente. Avec The Loveless, Kathryn Bigelow filme l'ennui, le sexe et la violence en les esthétisant en permanence, annonçant ainsi déjà sa marque de fabrique : mettre en image de violentes histoires d'hommes. Un film aux relents de tabac, d'alcool de sueur et de cambouis.