
Trois jeunes Israéliens, Noam, disquaire, Yali, gérant de café, et Lulu, vendeuse dans une boutique de produits de beauté, partagent un appartement dans un quartier branché de Tel-Aviv. Dans ce cocon quasi déconnecté de la réalité des territoires et des conflits politiques qui agitent le pays, ils mènent une existence tout à fait ordinaire, préférant se concentrer sur leur vie amoureuse. Leur quotidien va pourtant être bouleversé par l'arrivée d'Ashraf, un Palestinien dont Noam tombe amoureux lors d'un incident au Check Point de Naplouse.

Un contrôle au Check Point et la peur d'un attentat-suicide, c'est une scène qu'on a vue maintes fois sur nos écrans. Mais cette fois, c'est une tension d'un tout autre genre qui va monter entre un jeune soldat israélien et un palestinien. Sensible et jamais vulgaire, le long métrage du cinéaste Eytan Fox propose un angle d'approche inédit du conflit, celui de l'homosexualité vécue au coeur du quartier branché de Tel-Aviv. L'amour y est la préoccupation de tous et si la politique des territoires occupés s'immisce dans la vie quotidienne, l'insouciance n'est en pas rompue pour autant. Prix du public au dernier Festival de Berlin, The Bubble pose un regard lucide sur la situation israélo-palestinienne, y injectant une dose massive d'humour pour mieux éviter l'écueil du pathos qui menace toute oeuvre sur le conflit. Une vraie bouffée d'oxygène pour l'un des plus beaux films réalisés sur le sujet.