
Avec son nez refait, ses jambes interminables, son job dans la presse people, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les coeurs, Tamara Drewe est l'Amazone londonienne du XXIe siècle. Son retour au village où vécut sa mère est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix. Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur de best-sellers, universitaire frustré, rock star au rancart ou fils du pays, tous sont attirés par Tamara dont la beauté pyromane et les divagations amoureuses éveillent d'obscures passions et vont provoquer un enchaînement de circonstances aussi absurdes que poignantes.

En adaptant sur grand écran le roman graphique éponyme de la dessinatrice Posy Simmonds, le cinéaste anglais Stephen Frears livre un truculent long métrage comme seuls les Britanniques savent en réaliser. Dans ce délicieux jeu de quilles sentimental qui évoque les meilleurs marivaudages de Woody Allen, le réalisateur distille à l'envi tromperies, disputes, drames et crises de rire, toujours armé d'un cynisme et d'un comique de situation qui confèrent à l'ensemble une drôlerie irrésistible. Peuplé de personnages aux traits à peine forcés et campés par la crème des acteurs anglais, Gemma Arterton, Roger Allam et Bill Camp en tête, Tamara Drewe prend tous les virages, dramatique ou comique, sexy ou intello, sentimental ou trash, sans jamais perdre de sa cohérence ni de son brio. Un film léger et grave qui mêle à la perfection humour so british et vaudeville théâtral pour mieux tisser un savoureux traité des passions humaines.