
Au XIIe siècle, à Yuta, village minier des hautes montagnes du Japon. Le lieu désolé, autrefois théâtre d'un affrontement sanglant, vit aujourd'hui sous le joug successif de deux clans rivaux : les Blancs Genji et les Rouges Heike, qui se disputent l'or prétendument enfoui dans le sol. Quand un hors-la-loi redoutable débarque, les deux clans tentent de s'attacher ses services. Coups fourrés, manipulation... Chacun se montrera sans merci.

Découvert lors du Festival de Venise 2007, Sukiyaki Western Django est une oeuvre à part dans la prolifique filmographie de Takashi Miike, l'enfant terrible du cinéma extrême nippon. Librement inspiré du cultissime Django de Sergio Corbucci, à mi-chemin entre le jeu de massacre barré dont le cinéaste a le secret et un véritable hommage aux westerns spaghetti, son film supplante par son extravagance et son audace. Peuplé de cow-boys japonais interprétés par des stars du Pays du Soleil Levant (Hideaki Ito, Koichi Sato, Kaori Momoi, Yusuke Iseya) qui déclament leurs dialogues dans un anglais plus qu'approximatif (savoureux !), Sukiyaki Western Django est une symphonie de revolvers et de sabres où le sang coule généreusement. Dans un petit rôle de rebelle sans foi ni loi, le réalisateur Quentin Tarantino apporte quant à lui une dimension comique à ce pastiche détonant et intemporel, alternant entre le souffle épique du cinéma de Sergio Leone et un humour gentiment trash plutôt bienvenu. Ajoutez à cela l'esprit des films de samouraïs, et vous obtenez un cocktail particulièrement déjanté, éclatant, surprenant, rude, décapant, et surtout jubilatoire.