
Mars 1992 dans une petite ville de la Région Parisienne. Lors d'une soirée bien arrosée, des adolescents découvrent dans la forêt un corps apparemment sans vie, enfoui dans les broussailles. Quinze jours plus tôt. Au lycée Léon Blum, un élève de Terminale C, Simon Werner manque à l'appel. Des traces de son sang sont retrouvées dans une salle de classe. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Toutes les hypothèses sont envisagées par ses camarades....

Premier long métrage remarqué et remarquable du réalisateur Fabrice Gobert, Simon Werner a disparu réussit un savoureux mélange des genres. Un authentique teen-movie horrifique qui brocarde avec humour l'univers débilitant des sitcoms pour ados. Auteur d'une mise en scène toujours fluide et d'un scénario au cordeau, le cinéaste multiplie ici les angles de vue et les temporalités pour apporter, à la manière du chef-d'oeuvre Rashomon, un éclairage sans cesse nouveau sur son intrigue machiavélique. Certes le procédé n'est pas nouveau, mais il rend ici parfaitement justice à la psychologie complexe des personnages. Côté distribution, les comédiens Ana Girardot, Jules Pelissier, Esteban Carvajal Alegria et Laurent Delbecque se donnent littéralement corps et âmes. Au final, on assite à un récit au suspens haletant. Un film multiple et virtuose qui parvient, dans l'écrin d'un inquiétant teen-movie hollywoodien, à mettre en exergue la morosité d'une banlieue typiquement française.