
Au coeur d'Angeles, aux Philippines, la famille Pineda a élu domicile dans un vieux cinéma qu'elle exploite et qui projette des films érotiques des années 70. Alors que tous les personnages vaquent à leurs occupations quotidiennes, on découvre peu à peu leurs penchants, et les difficultés auxquelles ils se heurtent, qu'elles soient d'ordre relationnel, économique ou sexuel. En prise avec leurs démons intérieurs, tous les membres de cette famille ferment les yeux sur le business qui fleurit au sein même du cinéma : celui de la prostitution.

Nouveau long métrage du cinéaste philippin Brillante Mendoza, remarqué à Cannes en 2007 avec son film John John, Serbis se construit autour de deux axes intimement mêlés. Le quotidien chaotique de cette famille se battant pour joindre les deux bouts d'une part et la vie de ce vieux cinéma porno de l'autre, qui apparaissent dès lors comme un véritable microcosme de la société philippine dans son ensemble. Importance de la structure familiale, incompréhension entre les générations, prostitution rampante et domination des impératifs économiques auxquels finalement tout se résume, Brillante Mendoza nous livre une tranche de vie brute, et nous entraîne à la suite de ses personnages attachants dans un grand foutoir plein de vitalité et de sensualité exacerbée.