
Yoshiwara, quartier des plaisirs et du divertissement de la capitale Edo, l'ancienne Tokyo. Réservé à l'élite de la société japonaise, ce quartier clos est la demeure des plus grandes courtisanes de l'époque : les Oïran. Elles font et défont les tendances et la mode de l'époque, et sont aussi enviées que détestées. Parmi elles, une femme, Kiyoha, va devenir une légende sous le nom de Higurashi.

Venue du monde de la publicité, la réalisatrice japonaise Mika Ninagawa signe avec Sakuran, une remarquable adaptation du manga éponyme de Moyoco Anno. Ici, les codes du manga sont savamment repris pour mieux être magnifiés à l'écran, mettant aussi bien en relief le quotidien élégant que la violence larvée de ce harem particulier. Costumes flamboyants, montage maîtrisé et érotisme léché, Sakuran jouit d'indéniables qualités formelles, ce qui ne l'empêche pas d'afficher à chaque instant un second degré bienvenu. Quant à la mutine comédienne et chanteuse Anna Tsuchiya, véritable star au Japon, elle se montre crédible en rebelle romantique et ajoute son étrange beauté à cette plongée aussi onirique que fascinante dans le milieu de la prostitution.