
Un groupe de spectateurs est réuni dans le désert californien. Devant lui, un pneu remue, prend vie et se lance dans l'exploration des étendues de sable et des routes environnantes, à la recherche de nouvelles cibles à éliminer. Grâce à ses pouvoirs télékinésiques, il sème la panique dans les stations-services et les motels des environs. D'abord médusée, la police locale se rend finalement à l'évidence : c'est Robert, le pneu meurtrier, qui sévit à la ronde. Grâce à la complicité de Fiona, cette belle et jeune fille qui fascine particulièrement le pneu, les forces de l'ordre passeront à l'action et mèneront à son terme cette curieuse représentation.

Robert a un passe-temps, écraser les objets sans raison et faire exploser les têtes. Oiseaux, lapins ou humains, tout y passe. Un profil de psychopathe type, sauf que Robert est un pneu. Issu de l'imagination fertile du musicien et réalisateur Quentin Dupieux, mieux connu sous le nom de Mr Oizo, Rubber est une oeuvre iconoclaste et intrigante qui se situe quelque part entre la vidéo d'art contemporain et l'authentique film d'horreur. Comme pour son précédent long métrage, le conceptuel Steak, Quentin Dupieux n'hésite pas ici à convoquer à l'écran une multitude de genres cinématographiques, qu'il détourne et s'approprie à ravir pour un résultat décalé à nulle autre pareille. Un long métrage inclassable et hors-normes, sans cesse rehaussé par une bande originale décapante signée du compositeur Gaspard Augé, membre du groupe électro Justice. Ambiance de Far West américain, répliques hilarantes, effets spéciaux aussi étranges qu'efficaces, casting partagé entre le modèle vedette des usines Michelin et la superbe Roxane Mesquida, Rubber est un long métrage esthétique et réjouissant qui tient, et c'est peu de le dire, parfaitement la route.