
Paris, le nouveau quartier des Halles. Rosa est l'une de ses « princesses », la plus appréciée et la plus sollicitée : elle est merveilleusement belle, gaie, disponible et accueille ses clients avec la grâce de l'adolescence. Rien ne la rebute, ne lui paraît « sale » ou « anormal ». Ce jour-là Rosa a vingt ans. Gilbert, son souteneur, organise une fête au cours de laquelle elle rencontre Julien, un jeune ouvrier. La fascination est réciproque : c'est le coup de foudre. La loi du Milieu va peser lourdement sur cet amour inattendu.

Paul Vecchiali, loin de transcrire dans une veine documentaire l'existence difficile des marginaux du quartier des Halles, romance à l'extrême les personnages, lieux et situations afin de conférer une étonnante poésie empreinte de grâce à cette histoire simple. Les images baignées de couleurs gaies et chatoyantes, les personnages attachants, typiques d'un certain Paris qui n'est plus et cette ambiance ensoleillée et festive sous-tendant la quasi-totalité du film ne rendent que plus tragique cette romance entre une jeune prostituée et un ouvrier. Un drame, certes, mais également une série de tranches de vie réjouissantes mettant en valeur la complicité et l'énergie de formidables interprètes, Marianne Basler (Les Noces barbares, Marquise, Farinelli, 3 Hommes et un couffin) et Jean Sorel (Belle de jour, Sandra, J'irai cracher sur vos tombes) en tête.