
Deux histoires disjointes : d'une part le couronnement de Nora Cotterelle, qui s'apprête à se marier, et d'autre part la déchéance d'Ismaël Vuillard, interné par erreur dans un asile psychiatrique et sur le point d'en sortir en piètre état. Ces deux intrigues se rejoignent quand Nora propose à Ismaël l'adoption de son fils Elias...

Encensé par la critique lors de sa sortie en 2004, salué par sept nominations aux Césars et couronné par celui du Meilleur acteur, ce long métrage du réalisateur Arnaud Desplechin parvient à conjuguer à l'écran deux genres pourtant très différents. A la fois mélodrame à suspense et comédie burlesque, Rois et Reine oscille entre des séquences d'une drôlerie loufoque et une cruauté dévastatrice pour mieux poser sa question transversale : que sait-on des gens que l'on aime sinon des bribes de leur personnalité ? Savamment partagé entre noirceur et bouffonnerie, respectivement représentées ici par la mystérieuse Emmanuelle Devos et l'extravagant Mathieu Amalric, ce long métrage d'Arnaud Desplechin a l'intelligence de ne jamais totalement élucider la complexité de ses personnages qui, terrifiés ou terrifiants, demeurent mystérieux malgré l'intimité. Un saisissant parallèle avec nos quotidiens qui fait toute l'ambigüité de ce film très noir et très drôle, dans lequel le désespoir n'exclut pas la légèreté mais au contraire l'impose.