
Anton est médecin. Il partage son existence entre son foyer installé dans une ville paisible du Danemark, et son travail au sein d'un camp de réfugiés en Afrique. Il est séparé de sa femme, Marianne, et tous deux songent à divorcer. Leur fils aîné, Elias, âgé d'une dizaine d'années, se fait brutaliser à l'école par certains de ses camarades, jusqu'au jour où un autre garçon, Christian, décide de prendre sa défense. Ayant quitté Londres avec son père pour s'installer au Danemark, Christian est profondément marqué par le décès récent de sa mère, terrassée par un cancer. Des liens étroits se tissent bientôt entre les deux camarades. Mais quand Christian implique Elias dans un acte de vengeance particulièrement risqué où des vies humaines sont en jeu, leur amitié s'en trouve durement éprouvée. Dans des mondes que tout oppose, ces enfants et leur famille seront appelés à faire des choix difficiles, entre vengeance et pardon.

Auréolé de l'Oscar du Meilleur film étranger, ce long métrage de la réalisatrice Susanne Bier éveille la curiosité. Filmé caméra à l'épaule, Revenge frappe d'emblée par ses choix esthétiques forts, collant toujours au plus près de ses protagonistes pour tenter d'en explorer sans concession les failles dissimulées derrière une apparente tranquillité. Car pour la réalisatrice comme pour le célèbre héros shakespearien, il y a bien quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark. Et ce mal secret qui ronge la société et les hommes, qu'on le nomme colère, rancoeur, ou haine, Susanne Bier semble bien décidée ici à le traquer dans les regards où dans les âmes, afin de nous proposer un étonnant chemin vers la tolérance et la rédemption. Contemplatif mais jamais démonstratif, Revenge a tout de la réussite chorale qui saura, portée par l'interprétation sans failles de ses comédiens injustement méconnus mais époustouflants, susciter autant de réflexion que d'émotion.