
Alors qu'il mène sa vie sans histoire d'animal de compagnie, Rango, caméléon peu aventurier, est en pleine crise d'identité : à quoi bon avoir des ambitions quand tout ce qu'on vous demande, c'est de vous fondre dans la masse ? Un jour, Rango échoue par hasard dans la petite ville de Poussière, dans l'Ouest sauvage, où de sournoises créatures venues du désert font régner la terreur. Contre toute attente, notre caméléon, qui ne brille pas par son courage, comprend qu'il peut enfin se rendre utile. Dernier espoir des habitants de Poussière, Rango s'improvise shérif et n'a d'autre choix que d'assumer ses nouvelles fonctions. Affrontant des personnages plus extravagants les uns que les autres, Rango va-t-il devenir le héros qu'il se contentait jusque-là d'imiter ?

Avec Rango, l'auteur de la saga Pirates des Caraïbes, Gore Verbinski, fait ses premiers pas dans le monde de l'animation et impose un univers cinématographique qui n'appartient qu'à lui. C'est ainsi dans un Far West privé d'eau qu'il nous entraîne pour suivre les aventures désopilantes d'un caméléon pas comme les autres, violemment contraint de sortir de sa bulle pour faire face à la réalité et au danger. Doublé et mimé par Johnny Depp, notre reptile en chemise hawaïenne, bientôt confronté à toute une bande de pistoleros de pacotille, distille un humour philosophico-absurde dans un véritable western spaghetti jouant à la fois les cartes de l'hommage et de la parodie. Un film décalé et déluré servi par un scénario aux petits oignons, dont l'animation atteint des sommets de précision et de délicatesse visuelle. Fable écolo aussi délirante qu'un bon Tex Avery, Rango est surtout un formidable spectacle, une pépite d'inventivité truffée de gags et de références qui vaut aussi pour ses dialogues piquants et ses personnages hauts en couleur. Du grand art.