
Eté 1972. La famille Phelon passe de paisibles vacances dans sa maison au bord de l'eau. Janey, 13 ans, découvre le pouvoir naissant de sa sexualité, les choix et les possibilités offertes par l'entrée dans l'âge adulte. Elle prend peu à peu conscience de l'échec du mariage de ses parents et critique de plus en plus ouvertement l'attitude provocatrice de sa mère, Kate. Cette dernière, insatisfaite de son mariage avec Ed, est déstabilisée par l'assurance de sa fille, sa beauté intacte et son charme grandissant. Arrive Cady, un photographe qui va fasciner les deux femmes...

Monteuse de formation, la réalisatrice néo-zélandaise Christine Jeffs, pour son premier long métrage, choisit d'adapter le roman éponyme de sa compatriote Kirsty Gunn. Récit initiatique d'une adolescente qui entre bientôt en concurrence amoureuse avec sa mère, Rain s'inscrit dans cette tendance qui consiste à présenter la révolution sexuelle de façon désenchantée. Teinté d'une nostalgie douloureuse, le film, présenté dans plusieurs festivals (Sundance, Toronto, Cannes.), doit beaucoup à ses deux héroïnes interprétées avec grâce par Sarah Peirse et Alicia Fulford-Wierzbicki, jeune actrice de 14 ans seulement, surprenante de maturité et de présence. Un conflit mère/fille à la photographie impeccable pour une chronique douce-amère à l'ambiance ouatée et vaporeuse, dont l'esthétisme racé n'a d'égal que la puissance de son récit.