
En 1956, pendant la guerre d'Algérie. Trois jeunes appelés, March, Charpentier et Dax, se retrouvent dans un bataillon disciplinaire. Ce sont des fortes têtes que le commandant Lecoq doit reprendre en main pour former une unité d'élite. Pris dans l'engrenage de la guerre, de la torture et des morts, ces réfractaires vont devenir, malgré eux, des as de la chasse aux fellaghas, des tueurs...

La sécurité militaire a tenté par tous les moyens d'empêcher le tournage de R.A.S, un des premiers films français à avoir abordé la guerre d'Algérie. Mais c'était sans compter sur la détermination de son réalisateur Yves Boisset qui, seulement dix ans après la fin du conflit, livrait un réquisitoire sans concession sur cette « guerre sans nom » et ses appelés. On n'a ici aucune peine à ressentir la verve antimilitariste du cinéaste, mise en relief par les aspects cruels et déshumanisants de cette guerre coloniale. Emmené notamment par Jacques Weber et Jean-François Balmer, jeunes acteurs alors inconnus et futurs grands noms du cinéma hexagonal, ce film nerveux en forme de témoignage marque également les débuts à l'écran d'un certain Jacques Villeret. Controversé, mis à l'index par la censure, interdit aux moins de 16 ans ainsi que dans certaines municipalités, R.A.S, sorti discrètement en plein été 1973, connaît cependant un franc succès (et ce malgré quelques incidents terroristes survenus dans certaines salles).