
À Copenhague, Frank vend de l'héroïne et fréquente le milieu de la petite criminalité. Sa dette envers le trafiquant serbe Milo l'incite à tenter un gros coup. Mais la police fait irruption pendant la transaction, et au cours de la poursuite qui s'ensuit, Frank perd à la fois la marchandise et l'argent. De rage, Frank expédie à l'hôpital son acolyte Tonny. Mais Milo commence à s'impatienter et se fait menaçant. L'urgence de rassembler une importante somme d'argent pousse Frank à multiplier les imprudences. Il va jusqu'à solliciter quelques couronnes auprès de sa mère qu'il n'a pas vue depuis longtemps. En désespoir de cause, il achète une arme, et blesse l'homme de main de Milo avant de s'enfuir. Désormais en grave danger, il convainc son amie de l'aider à monter une ultime arnaque qui devrait lui permettre de quitter le pays dans les heures qui suivent...

Premier opus d'une trilogie coup-de-poing et premier long métrage du jeune cinéaste danois Nicolas Winding Refn, Pusher nous plonge dans les bas-fonds du milieu de la drogue pour suivre un trafiquant perdu dans l'engrenage de la criminalité. Une véritable descente aux enfers filmée caméra à l'épaule, et des personnages qu'on ne quitte pas d'un pas dans une oeuvre implacable qui met en scène les trésors d'ingéniosité, de courage, de brutalité et de cruauté que nécessite le métier de dealer. Porté par une belle puissance narrative, ce film de gangsters à la maîtrise stylistique impressionnante doit aussi beaucoup à sa remarquable distribution mêlant d'authentiques truands, devenus acteurs pour l'occasion, et des vedettes du cinéma danois comme l'immense comédien Mads Mikkelsen. Empreint d'une noirceur rare, ultra-réaliste et sans fioritures, Pusher renouvelle le polar à travers le portrait d'hommes en perdition et révèle le talent d'un cinéaste très doué que l'on compare déjà à Martin Scorsese.