
Téhéran, 1958. Depuis que son violon tant aimé a été brisé, Nasser Ali Khan, un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d'attendre la mort. En espérant qu'elle vienne, il s'enfonce dans de profondes rêveries aussi mélancoliques que joyeuse, qui, tout à la fois, le ramènent à sa jeunesse, le conduisent à parler à Azraël, l'ange de la mort, et nous révèlent l'avenir de ses enfants... Au fur et à mesure que s'assemblent les pièces de ce puzzle, apparaît le secret bouleversant de sa vie : une magnifique histoire d'amour qui a nourri son génie et sa musique...

Après l'énorme succès, tant public que critique, de leur long métrage Persepolis, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud adaptent fidèlement à l'écran un nouveau roman graphique de la dessinatrice franco-iranienne. Mais loin de se reposer sur le succès de leur premier film d'animation, la cinéaste et son complice se sont cette fois lancés dans une aventure totalement inédite, celle de la direction d'acteurs faits de chair et de sang. Et au-delà de cette innovation, ce qui frappe d'entrée à la vision de Poulet aux prunes, c'est son audacieux mélange de styles, dont le propos est d'associer chacune des journées de son héros violoniste à un genre cinématographique différent. Grand mélodrame hollywoodien à la Liza Minnelli et burlesque à la façon de Chaplin, parenthèse fantastique ou hommage au muet, Satrapi et Paronnaud osent beaucoup pour tisser avec inventivité ce patchwork cinéphile aussi inclassable qu'époustouflant. Mais la réussite de Poulet aux prunes ne pourrait être totale sans le talent de ses nombreux interprètes, les comédiens Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani, Jamel Debbouze et Edouard Baer, pour ne citer qu'eux, qui portent littéralement par leur énergie contagieuse ce long métrage d'une richesse inouïe. Un ravissement de chaque instant pour un émouvant hymne à la vie qui confine au véritable chef-d'oeuvre.