
Marina, la trentaine, est psychologue pour enfants. Mais elle se cherche encore, dans son travail comme dans son couple. A l'issue d'une journée d'errance, elle se fait agresser par des policiers. Elle n'a dès lors plus qu'une obsession, se venger. Ses armes ne seront pas celles que l'on croit.

Bienvenue en terres barbares. A quelques heures d'avion d'ici, on viole, corrompt, frappe les faibles dans une indifférence effrayante. Bienvenue dans la Russie contemporaine telle qu'elle est vue, filmée et disséquée par la cinéaste Anguelina Nikonova. Voilà manifestement un film conçu pour ébranler par le seul recours à une reconstitution brutale de la réalité. Malgré tout le charme de son interprète principale, la superbe Olga Dykhhovichnaya, la tonalité grise de ce Portrait au crépuscule pèse de tout son poids dans un récit où la tension est à l'extrême. De sa scène d'ouverture à son dénouement, rien ne vous sera épargné des errements d'un pays gangréné par une sauvagerie inouïe. Tableau sans concession d'une femme perdue dans un pays malade et fracturé où l'individualisme a chassé à coups de battes les derniers restes de l'utopie communiste, ces premiers pas d'une réalisatrice dans l'univers du cinéma-vérité marquent au fer rouge.