
Iván, vit à Mexico chez son oncle. Avec son copain, il écume les rues de la ville pour voler des pièces automobiles. Pour financer son départ aux USA il passe à la vitesse supérieure.
Iván, quatorze ans, vit au Mexique avec son oncle Jaime, un vendeur de pièces détachées de voitures. Ils rêvent tous les deux d'une vie meilleure et économisent leur argent afin d'émigrer illégalement à Chicago dans un proche avenir. Lorsque Jaime apprend qu'il a besoin de plus d'argent que prévu pour payer le passeur, il décide d'introduire son neveu dans le milieu du vol de pièces détachées de voitures.

Pour son premier long métrage, le réalisateur mexicain Aarón Fernández a eu la riche idée de s'intéresser au quartier de la Doctores, royaume des revendeurs d'autoradios piqués et des voitures de luxe démontées. Le résultat est un docu-fiction saisissant qui, entre chronique sociale et thriller urbain, nous fera humer comme rarement l'atmosphère d'un quartier difficile dopé au rêve américain. Mais plutôt que de s'appesantir ici sur les mécanismes de la criminalité, le cinéaste a plutôt choisi d'illustrer le quotidien méconnu des habitants de ce ghetto, où l'interminable bric-à-brac de tôle pèse sur les destins à la manière d'une sombre divinité. Et pour habiter cet enfer urbain, Aarón Fernández a su convoquer face à sa caméra un casting à la hauteur de ses ambitions, emmené sur les chapeaux de roues par les comédiens Eduardo Granados, Alan Chávez et Carlos Ceja pour ne citer qu'eux. Récit initiatique poignant, Pièces détachées pointe ainsi du doigt avec justesse et sans pathos, le paradoxe d'une population mexicaine qui ne parvient à survivre dans son pays qu'en entretenant le doux rêve d'une vie meilleure de l'autre côté de la frontière. Un véritable petit bijou, signé d'un nouveau nom du cinéma mexicain à surveiller de près.