
Les derniers chercheurs d'or indépendants de LaHood, bourgade minière de Californie, sont harcelés par la bande de Coy LaHood, fondateur de la ville qui veut s'approprier leur concession. Au moment où les mineurs pacifiques sont prêts à abandonner la lutte, surgit de la montagne un cavalier solitaire tout de noir vêtu. Nul ne connaît son nom, son passé, ses origines. Hull Barret, opposé depuis longtemps à Coy LaHood, l'accueille sous son toit. L'homme ne va pas tarder à prouver ses qualités de tireur.

Avec Pale Rider, l'acteur et réalisateur Clint Eastwood renouait admirablement avec le western classique, un genre pourtant ringardisé par les réalisateurs italiens et largement mis à mal par la nouvelle vague du cinéma hollywoodien. Rescapé des films de Sergio Leone, le personnage de L'Homme sans nom, justicier solitaire et énigmatique, surgit ici du néant pour défendre de petits chercheurs d'or acculés par un puissant propriétaire terrien. Et c'est sur cette trame familière, dans l'univers du western, avant tout destinée à aborder les notions de justice et de vengeance, que le cinéaste tisse cette efficace variation. Une variation qu'il habite d'ailleurs avec force en tenant le rôle principal. Ne se privant pas ici de botter quelques postérieurs, Clint Eastwood multiplie à l'envi les fusillades efficaces et les courses-poursuites haletantes, toujours situées au coeur de paysages à couper le souffle, comme pour mieux accentuer la dimension surnaturelle de cet envoûtant récit de vengeance.